Types de cuisson
Trois grandes familles dominent. Les cuissons par concentration (poêle, grillade, rôtissage, friture, barbecue, wok) saisissent l’aliment à haute température (180 à 250 °C) et créent une croûte qui retient les sucs : réaction de Maillard à partir de 140 °C, dorure, arômes complexes, mais aussi formation d’acrylamides au-delà de 180 °C sur les féculents (frites, pain, gâteaux) qu’il faut surveiller. Les cuissons par expansion (à l’eau, à la vapeur, en papillote, au bain-marie) se font à température plus basse (100 °C maximum à pression atmosphérique) et laissent les sucs migrer vers le liquide : idéal pour un bouillon, problématique pour un steak. Les cuissons mixtes (braisé, ragoût, mijoté) combinent les deux : on saisit d’abord, on couvre de liquide et on laisse étuver longuement, ce qui permet de cuire les morceaux durs (joue, paleron, queue) qui n’ont pas leur place dans une poêle.
La cuisson sous vide à basse température (Joule Sous Vide, Anova, Sage Polyscience autour de 150 à 350 €) maintient une eau à température constante avec une précision de 0,1 °C, dans laquelle baignent des sacs sous vide. Un magret cuit 2 h à 57 °C donne une viande rosée et tendre du bord au cœur, impossible à obtenir en cuisson traditionnelle où le bord cuit toujours plus que le centre. Très utilisée par les restaurants étoilés depuis les années 1970, la technique s’est démocratisée pour la maison à partir de 2015.
La cuisson sous pression (autocuiseur, Cocotte-minute, Instant Pot) monte à 115-120 °C à 1,7 bar et divise les temps par 3 ou 4 : pot-au-feu en 45 minutes, lentilles en 8 minutes, riz complet en 12 minutes. La cuisson au micro-ondes fonctionne par agitation des molécules d’eau de l’aliment (rayonnement 2,45 GHz), n’altère pas la valeur nutritionnelle plus qu’une autre cuisson rapide (étude EFSA 2013) et reste imbattable pour réchauffer un reste ou cuire un brocoli en 3 minutes avec une cuillère d’eau dans un récipient couvert. La cuisson en papillote (papier sulfurisé ou feuille d’aluminium côté brillant à l’intérieur) cuit à la vapeur dans le jus de l’aliment, sans matière grasse ajoutée : à privilégier pour les poissons délicats. La cuisson au wok à très haute température et en mouvement permanent (sauter, ne pas laisser reposer) garde les légumes croquants et limite la perte de vitamines hydrosolubles.
La friture mérite quelques règles strictes pour rester acceptable : huile à point de fumée élevé (arachide 230 °C, tournesol oléique 230 °C, mélange spécial friture), thermomètre obligatoire (160-180 °C, jamais au-dessus), aliment bien essoré avant immersion (l’eau fait gicler l’huile et la dégrade), changement de bain toutes les 8 à 10 utilisations ou dès qu’elle mousse, fume ou devient sombre. La cuisson au beurre est souvent diabolisée à tort : à feu doux (point de fumée du beurre 130 °C, du beurre clarifié ou ghee 250 °C), elle n’a rien de problématique. Ce qui pose problème, c’est le beurre noir, brûlé, qui développe de l’acroléine irritante.
- Types de cuisson
- Quel mode de cuisson choisir ?
- Cuisson au beurre : néfaste ou pas ?
- Friture
- Cuisson au four
- Cuisson à l’eau
- Cuisson vapeur
- Cuisson à la poêle
- Rôtissage
- Cuisson au micro-ondes
- Cuisson sous vide
- Grillade
- Cuisson sous pression
- Cuisson basse température
- Cuire au barbecue
- Cuisson papillote
- Cuisson au wok
- Cuisson à la vapeur douce
- Cuisson au bain-marie
- Faire mariner des aliments
Bonnes pratiques de cuisson aliment par aliment
Chaque légume a son optimum. Les légumes à chair dense (carotte, panais, navet, betterave, topinambour, courge) supportent la cuisson longue et le rôtissage à 200 °C qui caramélise les sucres et concentre les arômes : compter 35 à 45 minutes au four pour des cubes de 2 cm. Les crucifères (brocoli, chou-fleur, romanesco, chou de Bruxelles, chou blanc, chou rouge) se cuisent vapeur 5 à 8 minutes pour rester croquants : la surcuisson développe les composés soufrés qui sentent et qui détruisent les glucosinolates aux propriétés intéressantes. Les légumes-feuilles (épinards, blettes, mauve) se contentent de 2 à 3 minutes à la poêle avec un filet d’huile, l’eau de végétation suffit. Les aliments à amidon (pommes de terre, châtaignes, marrons, maïs) demandent une cuisson longue à l’eau ou à la vapeur (20 à 25 minutes pour des pommes de terre coupées en quartiers, 30 minutes pour des marrons incisés au four à 200 °C).
Les légumes-fruits (aubergine, courgette, poivron, tomate) supportent toutes les techniques mais brillent à la plancha ou au four. L’aubergine boit l’huile : la saler 30 minutes avant cuisson pour faire dégorger, ou la cuire d’abord 20 minutes au four sans matière grasse pour la faire éclater avant de l’écraser en caviar. Les courgettes très petites se mangent crues râpées en salade. Les artichauts, fenouils, asperges, endives s’accommodent du braisage court (20-25 minutes) qui adoucit leur amertume. Les petits pois et haricots frais demandent 5 à 7 minutes maximum, leur sucre se transforme en amidon dès que la cuisson s’éternise. Les champignons demandent une poêle très chaude, sans surcharge : trop de champignons d’un coup, ils rendent leur eau et bouillent au lieu de dorer. Les fiches détaillées ci-dessous donnent temps et méthode pour chaque légume.
- Faire cuire des topinambours
- Faire cuire des navets
- Faire cuire des courges
- Faire cuire des pommes de terre
- Faire cuire du potiron
- Faire cuire des pâtissons
- Faire cuire du potimarron
- Faire cuire des aubergines
- Faire cuire du chou-fleur
- Faire cuire du chou romanesco
- Faire cuire des choux de Bruxelles
- Faire cuire du chou blanc
- Faire cuire du chou rouge
- Faire cuire des blettes
- Faire cuire des courgettes
- Faire cuire des haricots
- Faire cuire des betteraves rouges
- Faire cuire des panais
- Faire cuire du fenouil
- Faire cuire des endives
- Faire cuire des épinards
- Faire cuire des poivrons
- Faire cuire des artichauts
- Faire cuire du maïs
- Faire cuire des petits pois
- Faire cuire des brocolis
- Faire cuire des carottes
- Faire cuire des poireaux
- Faire cuire des asperges
- Cuisiner les champignons
- Cuire des châtaignes et des marrons
- Cuisiner la guimauve
- Cuisiner la mauve