Hypophagie

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Une personne hypophage risque de voir son corps s’affaiblir et à terme de souffrir de carences. De même, après avoir connu une période d’hypophagie, le corps a tendance à essayer de s’en prémunir en stockant davantage les aliments après le retour à la normale.

Le point dans notre article.

Hypophagie : définition

L’hypophagie désigne le fait de ne pas s’alimenter suffisamment. Ce syndrome apparaît pour diverses raisons et dans de nombreuses pathologies.

L’hypophagie est l’un des quatre degrés du comportement alimentaire. En plus d’elle, on définit :

  • la normophagie : elle correspond à un comportement alimentaire normal, c’est-à-dire qu’il remplit ses trois fonctions :
    • nutritionnelle, sa fonction bilogique ;
    • hédonique, sa fonction sensorielle ;
    • symbolique, sa fonction sociale et culturelle ;
  • l’aphagie, l’absence totale d’alimentation ;
  • l'hyperphagie : Il s’agit du fait de manger à l’excès.

Cas d'apparition de l'hypophagie

L’hypophagie peut survenir à la suite d’une perte d’appétit. C’est notamment le cas lors :

  • de maladies altérant la sensation de plaisir. Les cancers, le sida, ou encore le diabète peuvent créer se trouble ;
  • d’un état dépressif ;
  • de pathologies mentales, notamment les troubles bipolaires.

Elle peut également être le résultat d’une limitation volontaire de son alimentation. On retrouve ce comportement dans :

  • l'anorexie mentale : le patient ressent la sensation de faim, mais lutte contre elle ;
  • les régimes restrictifs : le sujet mange moins dans le but de perdre du poids ou de ne pas en prendre.

Bon à savoir : il faut distinguer l’anorexie de l’anorexie mentale. Le premier est un symptôme qui correspond à une perte d’appétit (en grec, anorexia signifie « absence de désir »). L’anorexie mentale en revanche est un trouble du comportement alimentaire (TCA). Celui qui en est atteint reçoit le signal de la faim, mais lutte contre celui-ci. L’anorexie mentale commence souvent par une hypophagie qui évolue en aphagie. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas d’appétit que la personne souffrant d’anorexie ne mange pas, mais l’inverse. C’est à force de ne pas manger que son appétit diminue.

Risque des régimes restrictifs liés à l'hypophagie

Les régimes présentant des carences nutritionnelles, en plus de n’être pas efficaces sur le long terme, peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé.

Le syndrome de restriction cognitive définit comme « une tentative – réussie ou non – de réduire sa ration alimentaire pour atteindre un poids inférieur à son poids spontané et s’y maintenir » accentue les déséquilibres nutritionnels et est un facteur de risque de déclenchement ou d’aggravation des troubles du comportement alimentaire.

Cette privation qui se traduit par une hypophagie chronique, éventuellement entrecoupée d’accès d’hyperphagie peut paradoxalement conduire à manger plus et plus « mal ».

Remarque : les régimes peuvent désorganiser le corps à long terme. D’ailleurs, les personnes en prise avec un surpoids sont fréquemment hypophages. Bien que mangeant peu, leur corps, déboussolé par les privations fonctionne au ralenti et privilégie le stockage de l’énergie reçue à sa dépense.

Vieillissement et hypophagie

Avec l’âge, le goût et l’odorat ont tendance à s’estomper. Les personnes âgées, d’autant plus si elles sont seules, prennent donc moins de plaisir à manger. De plus, elles perdent également leurs capacités d’adaptation alimentaire.

À 70 ans, on considère en effet que 80 % de cette capacité a disparu. Les sujets n’ont plus le réflexe de manger davantage si elles perdent du poids par exemple.

Ainsi, une hypophagie progressive et insidieuse peut fragiliser les personnes âgées, et jouer également sur leur humeur.

Bon à savoir : il ne suffit pas de manquer d’appétit quelques jours être atteint d’un trouble du comportement alimentaire (TCA). Ceux-ci demandent en effet un examen clinique bien spécifique pour être dépistés.

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