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Les allégations nutritionnelles et de santé : un cadre réglementaire strict pour informer les consommateurs

Les denrées alimentaires portant des allégations nutritionnelles ou de santé se multiplient dans les rayons des supermarchés. Ces mentions valorisent la présence ou l’absence de certains nutriments, ou suggèrent un lien entre un aliment et la santé. Pour garantir une information fiable et transparente, un règlement européen encadre strictement leur utilisation depuis 2006.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 15 min

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Étiquetage alimentaire : mentions obligatoires, labels et additifs

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce qu’une allégation nutritionnelle ou de santé ?
  3. Le règlement européen : un cadre harmonisé pour toute l’Union européenne
  4. Les différents types d’allégations de santé autorisées
  5. Le rôle central de l’EFSA dans l’évaluation scientifique
  6. Les profils nutritionnels : un critère d’éligibilité non abouti
  7. Les conditions d’utilisation des allégations nutritionnelles
  8. L’allégation « sans sucres ajoutés » : un cas particulier
  9. Les mentions obligatoires pour les allégations de santé
  10. Les allégations interdites et les mentions trompeuses
  11. La déclaration nutritionnelle obligatoire depuis 2016
  12. Les allégations spécifiques à l’huile d’olive et aux olives
  13. Le contrôle et les sanctions en cas de non-respect
  14. La procédure de demande d’autorisation pour une nouvelle allégation
  15. FAQ

En bref

  • Les allégations nutritionnelles et de santé sont encadrées par un règlement européen depuis 2006.
  • Seules les allégations autorisées par l’EFSA peuvent figurer sur les produits alimentaires.
  • Les allégations de santé se divisent en trois catégories : fonctionnelles, relatives à la réduction du risque de maladie et au développement des enfants.
  • La Commission européenne a établi une liste positive des allégations autorisées, mise à jour régulièrement.

Qu’est-ce qu’une allégation nutritionnelle ou de santé ?

Une allégation nutritionnelle désigne toute mention facultative qui affirme ou suggère qu’un produit alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques particulières. Elle peut porter sur la présence, l’absence ou la quantité réduite d’un nutriment. Les expressions « riche en vitamine C », « sans matières grasses » ou « source de fibres » constituent des exemples courants. Ces mentions visent à orienter les choix alimentaires des consommateurs vers des produits répondant à leurs besoins nutritionnels.

Une allégation de santé va plus loin en établissant un lien entre un aliment, un ingrédient ou une catégorie de denrées alimentaires et la santé. Elle suggère qu’une consommation régulière peut contribuer au bon fonctionnement de l’organisme ou réduire certains risques. Par exemple, la mention « le calcium contribue au maintien d’une ossature normale » relève de ce type d’allégation. Les compléments alimentaires peuvent également porter ces mentions, sous réserve de respecter les mêmes critères.

Le règlement européen : un cadre harmonisé pour toute l’Union européenne

Le règlement européen n°1924/2006 constitue le texte de référence pour les allégations nutritionnelles et de santé dans l’Union européenne. Adopté en décembre 2006, il vise à harmoniser les pratiques entre les États membres et à protéger les consommateurs contre les informations trompeuses. Ce règlement impose que toute allégation soit scientifiquement prouvée et clairement compréhensible pour le consommateur moyen.

Les denrées alimentaires portant des allégations doivent respecter plusieurs conditions générales. L’allégation ne peut être ambiguë, trompeuse ou susciter des doutes sur la sécurité d’autres aliments. Elle ne doit pas encourager une consommation excessive ni suggérer qu’une alimentation équilibrée ne suffit pas à couvrir les besoins nutritionnels. Le fabricant ou l’importateur doit disposer de preuves scientifiques et les soumettre aux autorités nationales sur demande.

La Commission européenne a modifié ce règlement à plusieurs reprises pour affiner les exigences. Le règlement n°1169/2011 relatif à l’information des consommateurs et le règlement n°432/2012 établissant la liste des allégations de santé autorisées complètent le dispositif. Ces textes garantissent que seules les allégations validées scientifiquement peuvent figurer sur les étiquettes et dans la publicité.

Les différents types d’allégations de santé autorisées

Le règlement européen distingue trois grandes catégories d’allégations de santé, définies selon leur objet et leur niveau de preuve scientifique. Chacune répond à des critères spécifiques et nécessite une évaluation rigoureuse avant autorisation.

Les allégations fonctionnelles génériques

Les allégations fonctionnelles, définies à l’article 13 du règlement, concernent le rôle d’un nutriment ou d’une substance dans le fonctionnement normal de l’organisme. Elles peuvent porter sur la croissance, le développement, les fonctions corporelles, les fonctions psychologiques ou comportementales, le contrôle du poids ou la satiété. La mention « le magnésium contribue à réduire la fatigue » illustre ce type d’allégation.

La Commission européenne a publié en 2012 une première liste positive de 229 allégations fonctionnelles autorisées, sur les 4637 initialement soumises par les États membres. Ces allégations concernent principalement les vitamines et les minéraux. Les allégations portant sur les micro-organismes, comme les probiotiques, ont toutes été rejetées faute de preuves scientifiques suffisantes. La plupart des allégations sur les propriétés antioxydantes ont également été refusées.

Plus de 2000 allégations relatives aux plantes et substances botaniques restent en attente d’évaluation. Les États membres n’ont pas trouvé d’accord sur la méthode d’évaluation scientifique applicable, notamment concernant la prise en compte de la tradition d’usage. Ces alicaments potentiels ne peuvent donc pas encore bénéficier d’allégations validées.

Les allégations relatives à la réduction du risque de maladie

Les allégations relatives à la réduction du risque de maladie, encadrées par l’article 14.1a du règlement, affirment qu’une consommation régulière d’un aliment ou d’un nutriment peut contribuer à diminuer un facteur de risque de développement d’une maladie. La mention « les esters de stanols végétaux contribuent à abaisser le cholestérol sanguin » relève de cette catégorie.

Ces allégations nécessitent un dossier scientifique particulièrement solide et font l’objet d’une évaluation au cas par cas par l’EFSA. Elles ne peuvent suggérer la prévention, le traitement ou la guérison d’une maladie, ce qui relèverait du domaine thérapeutique. La formulation doit rester prudente et factuelle, en évoquant uniquement la réduction d’un facteur de risque.

Les allégations relatives au développement et à la santé des enfants

Les allégations portant sur le développement et la santé des enfants, définies à l’article 14.1b, répondent aux mêmes exigences que celles relatives à la réduction du risque de maladie. Elles peuvent concerner des produits spécifiquement destinés aux enfants ou des allégations générales sur la croissance et le développement. La mention « le calcium est nécessaire à une croissance osseuse normale chez l’enfant » constitue un exemple autorisé.

Ces allégations font l’objet d’une attention particulière en raison de la vulnérabilité du public visé. Les conditions d’utilisation précisent souvent la quantité nécessaire pour obtenir l’effet allégué et les catégories d’âge concernées. Certaines allégations peuvent être interdites pour des produits destinés aux jeunes enfants, même si elles sont autorisées pour la population générale.

Le rôle central de l’EFSA dans l’évaluation scientifique

L’Autorité européenne de sécurité des aliments joue un rôle déterminant dans le système d’autorisation des allégations nutritionnelles et de santé. Créée en 2002, cette agence indépendante fournit des avis scientifiques qui servent de base aux décisions de la Commission européenne et des États membres.

L’EFSA évalue la validité scientifique des allégations soumises par les fabricants ou les importateurs. Elle vérifie que les preuves apportées démontrent de manière convaincante le lien allégué entre l’aliment ou le nutriment et l’effet sur la santé. Cette évaluation repose sur l’analyse d’études cliniques, de données épidémiologiques et de méta-analyses. Les effets sur la santé des compléments alimentaires font également l’objet de cette expertise approfondie.

Entre 2008 et 2010, l’EFSA a examiné plus de 4637 allégations de santé soumises par les États membres. Elle a publié 125 avis scientifiques couvrant plus de 900 allégations. La majorité des demandes ont été rejetées en raison de preuves insuffisantes ou de formulations trop vagues. Ce taux de refus élevé témoigne de la rigueur de l’évaluation scientifique.

L’EFSA publie régulièrement de nouvelles lignes directrices pour aider les demandeurs à constituer leurs dossiers. Elle organise des réunions scientifiques et collabore avec les parties prenantes pour améliorer la qualité des demandes d’autorisation. En 2025 et 2026, elle a notamment rendu des avis sur les bêta-glucanes d’avoine, les polyphénols de l’huile d’olive et le sulfate de calcium.

Les profils nutritionnels : un critère d’éligibilité non abouti

Le règlement européen prévoyait l’établissement de profils nutritionnels que les produits alimentaires devraient respecter pour pouvoir porter des allégations nutritionnelles ou de santé. Ces profils visent à éviter qu’un produit trop riche en sucres, en graisses saturées ou en sel puisse mettre en avant une caractéristique nutritionnelle positive tout en présentant un déséquilibre global.

La Commission européenne devait définir ces profils nutritionnels avant janvier 2009, mais les travaux n’ont pas abouti faute d’accord entre les États membres. Les discussions butent sur la méthode de calcul et les seuils à retenir pour chaque catégorie d’aliments. Certains pays craignent qu’un système trop strict pénalise des produits traditionnels comme les fromages.

En l’absence de profils nutritionnels européens harmonisés, certains États membres ont développé leurs propres outils d’information nutritionnelle. La France a mis en place le Nutri-Score, un logo à cinq couleurs qui classe les produits de A à E selon leur qualité nutritionnelle globale. Ce dispositif reste toutefois facultatif et ne conditionne pas le droit d’utiliser des allégations.

Les conditions d’utilisation des allégations nutritionnelles

Les allégations nutritionnelles ne peuvent être utilisées que si le produit alimentaire répond à des critères précis de composition. Ces seuils garantissent que la mention correspond à une réalité nutritionnelle significative pour le consommateur. Le règlement européen définit des valeurs minimales ou maximales selon le type d’allégation.

Pour porter la mention « source de fibres », un produit doit contenir au moins 3 grammes de fibres pour 100 grammes de produit solide, ou 1,5 gramme pour 100 kilocalories. L’allégation « riche en fibres » nécessite au moins 6 grammes pour 100 grammes ou 3 grammes pour 100 kilocalories. Ces exigences assurent que la quantité consommée apporte une contribution réelle aux besoins quotidiens.

Les allégations portant sur les vitamines et les minéraux requièrent que le produit contienne au moins 15 % des valeurs nutritionnelles de référence pour 100 grammes, 100 millilitres ou par portion. Pour l’allégation « riche en », cette proportion doit atteindre au moins le double, soit 30 % des valeurs de référence. La composition des compléments alimentaires doit respecter ces mêmes seuils lorsqu’ils portent des allégations.

Les allégations relatives aux sucres obéissent à des règles spécifiques. La mention « sans sucres » n’est autorisée que si le produit contient moins de 0,5 gramme de sucres pour 100 grammes ou 100 millilitres. L’allégation « faible teneur en sucres » impose un maximum de 5 grammes pour 100 grammes de produit solide ou 2,5 grammes pour 100 millilitres de produit liquide.

L’allégation « sans sucres ajoutés » : un cas particulier

L’allégation « sans sucres ajoutés » soulève des questions fréquentes de la part des fabricants et des consommateurs. Cette mention signifie qu’aucun sucre ni édulcorant n’a été ajouté lors de la fabrication du produit. Elle ne garantit pas l’absence totale de sucres, car certains aliments en contiennent naturellement.

Lorsqu’un produit alimentaire porte cette allégation alors qu’il contient des sucres naturellement présents, l’étiquetage doit obligatoirement comporter la mention « contient des sucres naturellement présents ». Cette précision évite que le consommateur ne soit induit en erreur sur la teneur réelle en sucres du produit.

Les fabricants doivent veiller à ne pas ajouter d’ingrédients qui apportent des sucres de manière indirecte. L’utilisation de jus de fruits concentrés ou de miel peut être considérée comme un ajout de sucres, même si ces ingrédients sont naturels. La transformation du produit ne doit pas non plus augmenter artificiellement la teneur en sucres.

Pour les nectars de fruits, l’utilisation simultanée des mentions « sans sucres ajoutés » et d’édulcorants est interdite. Cette restriction vise à préserver l’authenticité de ces produits et à éviter une multiplication des additifs. Les autres catégories d’aliments peuvent associer ces deux éléments sous réserve de respecter les conditions d’emploi.

Les mentions obligatoires pour les allégations de santé

Les produits alimentaires portant des allégations de santé doivent respecter des obligations d’étiquetage spécifiques. Ces mentions complémentaires garantissent que le consommateur dispose d’une information complète et équilibrée sur le produit et son utilisation.

L’étiquetage doit comporter une mention rappelant l’importance d’une alimentation variée et équilibrée ainsi que d’un mode de vie sain. Cette phrase contextualise l’allégation et évite de laisser croire qu’un seul aliment suffit à garantir une bonne santé. Elle souligne que les bénéfices allégués s’inscrivent dans une démarche globale d’équilibre alimentaire.

La quantité de produit à consommer et le mode de consommation nécessaires pour obtenir l’effet allégué doivent être précisés. Cette information permet au consommateur de savoir quelle portion quotidienne ou hebdomadaire correspond à l’allégation. Pour l’huile d’olive riche en polyphénols, par exemple, la mention doit indiquer qu’une consommation journalière de 20 grammes est nécessaire.

Si certaines catégories de personnes doivent éviter le produit, l’étiquetage doit le signaler clairement. Un avertissement sur les risques liés à une consommation excessive peut également être requis selon la nature de l’allégation et du produit concerné. Ces précautions visent à protéger les consommateurs vulnérables ou à risque.

Les allégations interdites et les mentions trompeuses

Le règlement européen prohibe formellement certaines catégories d’allégations pour protéger les consommateurs contre les informations mensongères ou exagérées. Toute allégation non autorisée ou en cours d’évaluation ne peut figurer sur les denrées alimentaires ou dans leur publicité.

Les allégations suggérant la prévention, le traitement ou la guérison d’une maladie sont strictement interdites pour les produits alimentaires. Ces mentions relèvent du domaine thérapeutique et sont réservées aux médicaments. Une allégation ne peut donc pas affirmer qu’un aliment « soigne le diabète » ou « prévient les maladies cardiovasculaires », même si des études scientifiques suggèrent un effet bénéfique.

Les allégations qui suggèrent qu’une alimentation équilibrée ne suffit pas à couvrir les besoins nutritionnels sont également prohibées. Cette règle vise à éviter de créer une dépendance artificielle envers certains produits enrichis ou compléments. L’alimentation reste la source privilégiée de nutriments pour la population générale.

Les boissons alcoolisées titrant plus de 1,2 % en volume ne peuvent porter d’allégations de santé, à l’exception de celles portant sur la réduction de la teneur en alcool ou en calories. Cette restriction reconnaît les effets néfastes de l’alcool sur la santé et évite de valoriser la consommation de boissons alcoolisées. Les habitudes alimentaires en Europe intègrent progressivement cette approche de prévention.

La déclaration nutritionnelle obligatoire depuis 2016

Depuis le 13 décembre 2016, la déclaration nutritionnelle est devenue obligatoire pour la quasi-totalité des denrées alimentaires préemballées dans l’Union européenne. Cette obligation découle du règlement n°1169/2011 sur l’information des consommateurs et complète le dispositif des allégations nutritionnelles et de santé.

La déclaration nutritionnelle obligatoire doit mentionner sept éléments : la valeur énergétique, les matières grasses, les acides gras saturés, les glucides, les sucres, les protéines et le sel. Ces informations permettent au consommateur d’évaluer la qualité nutritionnelle globale du produit et de comparer différentes références.

Les fabricants peuvent compléter cette déclaration de base par des informations sur les acides gras mono-insaturés et polyinsaturés, les polyols, l’amidon, les fibres, les vitamines et les minéraux. Ces mentions complémentaires ne sont autorisées que si les quantités présentes sont significatives et apportent une information utile au consommateur.

Les valeurs nutritionnelles déclarées doivent correspondre à des valeurs moyennes, établies sur la base d’analyses du fabricant, de calculs à partir de données reconnues ou de tables de composition des aliments. La déclaration doit être claire, lisible et rédigée dans une langue facilement compréhensible par les consommateurs du pays de commercialisation.

Les allégations spécifiques à l’huile d’olive et aux olives

L’huile d’olive et les olives peuvent porter plusieurs allégations nutritionnelles et de santé autorisées, sous réserve de respecter des conditions précises de composition. Ces produits bénéficient d’un statut particulier en raison de leur profil nutritionnel favorable et de leurs effets reconnus sur la santé.

L’huile d’olive peut porter la mention « riche en graisses mono-insaturées » si elle contient au moins 45 % d’acides gras mono-insaturés et si ces graisses fournissent plus de 20 % de l’énergie du produit. L’allégation « riche en vitamine E » est également autorisée, car l’huile d’olive en contient en moyenne 25 milligrammes pour 100 grammes, soit 200 % des apports de référence.

Les polyphénols présents dans l’huile d’olive font l’objet d’une allégation de santé spécifique : « Les polyphénols présents dans l’huile d’olive contribuent à protéger les lipides sanguins contre le stress oxydatif ». Cette allégation ne peut être utilisée que si l’huile contient au moins 5 milligrammes d’hydroxytyrosol et de ses dérivés pour 20 grammes d’huile. L’étiquetage doit préciser qu’une consommation journalière de 20 grammes est nécessaire pour obtenir l’effet bénéfique.

Les olives noires en saumure peuvent porter les mentions « riche en fibres », « source de magnésium », « source de fer » et « sans sucre » ou « naturellement sans sucre ». Les olives vertes en saumure peuvent uniquement revendiquer l’allégation « source de vitamine A » selon leur composition moyenne. Ces différences reflètent les variations de composition entre les deux types d’olives.

Le contrôle et les sanctions en cas de non-respect

Les autorités nationales compétentes assurent le contrôle de l’application du règlement européen sur les allégations nutritionnelles et de santé. En France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes exerce cette mission par le biais d’inspections régulières.

Les inspecteurs vérifient que les allégations utilisées figurent bien dans les listes positives autorisées et que les conditions d’emploi sont respectées. Ils contrôlent également la présence des mentions obligatoires et l’absence d’allégations interdites. Les analyses de laboratoire peuvent être réalisées pour vérifier la composition réelle des produits.

En cas de non-conformité, les sanctions peuvent aller de l’avertissement à l’amende, voire à des poursuites pénales en cas de tromperie caractérisée. Le retrait des produits du marché peut être ordonné si les manquements sont graves ou répétés. Ces mesures visent à garantir une concurrence loyale entre les opérateurs et à protéger les consommateurs.

La procédure de demande d’autorisation pour une nouvelle allégation

Les fabricants ou les importateurs peuvent demander l’autorisation d’une nouvelle allégation de santé qui ne figure pas encore dans les listes positives. Cette procédure, encadrée par l’article 15 du règlement européen, nécessite la constitution d’un dossier scientifique solide.

Le demandeur doit soumettre son dossier à l’autorité nationale compétente de l’État membre où il est établi. En France, la DGCCRF examine les demandes avant de les transmettre à l’EFSA pour évaluation scientifique. Le dossier doit contenir des études cliniques, des données épidémiologiques et des références bibliographiques démontrant le lien allégué.

L’EFSA dispose d’un délai de cinq mois pour rendre son avis scientifique, prolongeable de deux mois si des informations complémentaires sont nécessaires. La Commission européenne décide ensuite d’autoriser ou de refuser l’allégation sur la base de cet avis. La décision est publiée au Journal officiel de l’Union européenne et intégrée au registre des allégations.

Cette procédure représente un investissement important pour les entreprises, tant en termes de coûts que de délais. Elle garantit néanmoins que seules les allégations scientifiquement fondées peuvent être utilisées, préservant ainsi la crédibilité du système et la confiance des consommateurs.

FAQ

Quelle est la différence entre une allégation nutritionnelle et une allégation de santé ?

Une allégation nutritionnelle porte sur la présence, l’absence ou la quantité d’un nutriment dans un produit alimentaire, comme « riche en fibres » ou « sans matières grasses ». Une allégation de santé va plus loin en établissant un lien entre un aliment ou un nutriment et un effet sur la santé, comme « le calcium contribue au maintien d’une ossature normale ». Les deux types d’allégations sont encadrés par le règlement européen mais répondent à des critères différents.

Peut-on utiliser librement les allégations nutritionnelles et de santé sur les produits alimentaires ?

Non, seules les allégations figurant dans les listes positives établies par la Commission européenne peuvent être utilisées. Chaque allégation doit respecter des conditions précises de composition et d’étiquetage. Les fabricants doivent disposer de preuves scientifiques et les soumettre aux autorités sur demande. Les allégations non autorisées ou suggérant la prévention ou le traitement d’une maladie sont strictement interdites.

Comment savoir si une allégation de santé est autorisée dans l’Union européenne ?

La Commission européenne tient à jour un registre public des allégations nutritionnelles et de santé autorisées, refusées ou en attente d’évaluation. Ce registre est accessible en ligne et indique les conditions d’utilisation de chaque allégation. En France, la DGCCRF a également développé un outil regroupant toutes les allégations utilisables avec leur traduction française et l’identification des mentions interdites.

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