Kwashiorkor

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Qu’est-ce que le kwashiorkor ? Comment la malnutrition peut-elle provoquer un gonflement du ventre alors que les bras et les jambes s’amaigrissent ? Quels sont les symptômes et les traitements de cette maladie ? Pourquoi concerne-t-elle surtout des enfants qui ne sont plus allaités ?

Toutes les réponses dans cet article.

Qu’est-ce que le kwashiorkor ?

Le kwashiorkor est un syndrome qui apparaît en cas de malnutrition. Il touche particulièrement les jeunes enfants âgés de 6 mois à 3 ans, dans les pays peu développés. La plupart des enfants atteints subissent un brutal sevrage du lait maternel et leur nouvelle alimentation ne couvre pas leurs besoins en protéines.

Ces molécules jouent un rôle capital dans le développement des tissus du corps, des muscles, de la peau et même des organes. Elles interviennent aussi dans la résistance des enfants contre les infections.

Lorsque le sevrage arrive trop tôt, les enfants passent à une alimentation de faible qualité nutritionnelle. En effet, dans les pays en situation de crise alimentaire ou les pays ayant un taux d’insécurité alimentaire élevé, l’accès aux aliments riches en protéines est limité.

Le mot vient du Ghana et signifie littéralement enfant (Kwashi) rouge (Orkor). C'est une référence au fait que les enfants atteints de cette conséquence de la dénutrition présentent une rougeur de la peau.

Cette maladie est due à une alimentation trop pauvre en protéines et à des apports faibles en acides aminés (lysine, méthionine, tryptophane). Il s’agit d’une forme de malnutrition protéino-énergétique (MPE) qui entraîne des dommages graves sur la santé de l’enfant et son développement. La nutrition, alors inadaptée, s’accompagne d’une carence en vitamines et nutriments essentiels à la santé optimale des enfants.

Bon à savoir : Les enfants et les personnes âgées peuvent souffrir de malnutrition protéino-énergétique sans qu’il s’agisse du kwashiorkor. La maltraitance des enfants, l’anorexie mentale et certains troubles psychologiques peuvent induire une malnutrition.

Quels sont les symptômes ?

Le jeune enfant malade en raison de la diminution des apports alimentaires présente les symptômes suivants :

  • une fatigue ;
  • une irritabilité ;
  • une anorexie (diminution de l’alimentation par perte d’appétit) ;
  • une anémie (diminution du taux d’hémoglobine dans le sang) ;
  • une apathie (indifférence à la stimulation) ;
  • une léthargie (état de sommeil et d’extrême affaiblissement) ;
  • une fonte des muscles (les bras et les jambes sont amaigris) ;
  • une perte de poids ;
  • la diarrhée ;
  • des œdèmes aux membres inférieurs (au niveau des pieds notamment) ;
  • une ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen) ;
  • une hépatomégalie (augmentation du volume du foie).

Kwashiorkor : quel traitement ?

Le traitement de cette maladie chez le jeune enfant vise à corriger la carence protéique. Il passe par une alimentation rééquilibrée et adaptée au poids et à l’état de santé de l’enfant. En petites portions fréquentes :

  • Pendant une semaine, les protéines sont progressivement réintroduites avec un régime à base de lait enrichi en sucre, sels minéraux et vitamines.
  • Deux à trois semaines plus tard, cette nourriture est remplacée par des bouillies de céréales toujours enrichies en sels minéraux et vitamines.
  • Quand l’enfant atteint 80 % de son poids normal, une reprise de l’alimentation constituée de nourriture traditionnelle peut commencer.

L’enfant souffrant de malnutrition est considéré comme guéri lorsque sa masse corporelle correspond à 85 % du poids normal.

Des compléments alimentaires en lactase sont utilisés en cas d’intolérance au lactose.

Le traitement comprend aussi l’administration d’antibiotiques afin de protéger les enfants très affaiblis des infections (tuberculosepaludisme par exemple).

La carence en acides aminés peut être soignée avec une alimentation riche en produits laitiers.

Quels sont les risques de cette pathologie ?

Le kwashiorkor est un état de malnutrition grave qui met en danger la vie du jeune enfant. Sans un traitement précoce, il risque :

  • des troubles psychomoteurs (un retard ou un arrêt de la croissance) ;
  • un amaigrissement ;
  • des œdèmes au ventre et aux pieds ;
  • un éclaircissement et un affaiblissement des cheveux et de la peau ;
  • des troubles digestifs (diarrhéegastro-entérite) ;
  • des troubles du système nerveux tels que les convulsions ;
  • des atteintes du foie et des reins ;
  • une fragilisation du système immunitaire ;
  • des séquelles au niveau du développement mental de l’enfant.

La dénutrition provoque une carence d’albumine dans le sang. L’albumine est la principale protéine circulant dans le sang. Elle représente à elle seule 55 % des protéines contenues dans le sang. L’albumine a la propriété d’entraîner l’eau dans la circulation du sang. S’il y a une carence en albumine, l’eau stagne dans les tissus et provoque un œdème.

En quoi le marasme nutritionnel diffère-t-il du kwashiorkor ?

On parle de marasme, aussi connu sous le nom d’athrepsie, lorsque des patients atteignent un état d’extrême maigreur à la suite d’apports insuffisants en énergie. Les fonctions vitales du corps qui dépendent de l’énergie ne sont alors plus assurées.

Cette maladie se développe particulièrement chez les jeunes enfants et les nourrissons. Elle se caractérise entre autres par une perte de poids, une diminution du volume des muscles, la visibilité des os à travers la peau. Elle est fréquente dans les pays à fort taux d’insécurité alimentaire.

Bien que ces deux maladies soient des formes de malnutrition protéino-énergétique, l’athrepsie et le kwashiorkor se différencient par leur origine. Le premier provient d’un déficit énergétique et le second est la conséquence d’apports en protéines insuffisants.

Comment prévenir la malnutrition aigüe ?

La malnutrition est à l’origine du déficit énergétique et protéique. Sa prévention est indispensable pour protéger la santé et la vie des plus jeunes. Il est recommandé de :

  • privilégier l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois ;
  • améliorer les conditions de vie de la famille ;
  • suivre un plan de nutrition équilibré avec des aliments riches en glucides et en protéines ;
  • surveiller les muscles et le développement de l’enfant.
  • soigner l’espace de vie pour réduire les risques d’infections.

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